Pour justifier cette décision, les magistrats, en référence à l’article 5.3 de la directive du 21 décembre 1988, définissent ce qu’est un usage à titre de marque pouvant être sanctionné au titre de la contrefaçon, à savoir « l’usage d’un signe pour identifier aux yeux du public pertinent la provenance d’un produit ou d’un service proposé ».
Selon les magistrats, la société Google n’a, à aucun moment, utilisé de la sorte les marques des demanderesses dans les services précités, s’étant contentée :
En définitif, selon les magistrats de la 3ème Section de la Chambre spécialisée, la responsabilité de Google ne peut, pour l’ensemble de ces services, être recherchée sur le fondement du droit des marques.
La société Google est néanmoins condamnée par le Tribunal sur le terrain de la faute civile (pour ne pas avoir vérifié que les annonceurs ayant choisi le mot clé qu’elle leur avait suggéré étaient bien légitimes à le réserver) et sur celui de la publicité mensongère :
[1] Cette fonction permet à l’annonceur de bénéficier d’un référencement sur toute requête comprenant les mots clés qu’il a sélectionnés. Cette fonction pose problème dans le cas de requêtes sur des marques comportant un ou des termes génériques. Dans cette espèce, l’annonceur (un voyagiste) qui optait pour un référencement sur le mot clé « voyageur » bénéficiait ainsi par l’activation de cette fonction d’un référencement sur la marque d’un des demandeurs (« Voyageur du monde »), qui était son concurrent.
[2] NDA : la suggestion de mots-clés, proche d’une offre à la vente, est pourtant réalisée suite à la description par l’annonceur de son activité, le principe de spécialité de la marque semble donc bien respecté….
[3] Jugement du Tribunal de grande instance de Paris, 3ème chambre, 3ème section, du 12 juillet 2006 (Gifam et autres / Google France) : http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3 ?id_article=1712
[4] Arrêt de la Cour d’appel de Paris, 4ème Chambre, section B, du 1er février 2008 (Gifam et autres / Google) : www.legalis.net
[5] La CJCE est actuellement saisie de trois questions préjudicielles posées par la Cour de Cassation sur l’applicabilité du droit des marques au système Adwords (voir notamment Cour de cassation, Chambre commerciale, arrêt du 20 mai 2008 Google / Cnrrh et autres : http://www.legalis.net/breves-article.php3 ?id_article=2315 )